Date de publication: 13/03/2026

Transactions en copropriété : la nouvelle ère de la transparence

Longtemps perçue comme une formalité administrative, la transaction immobilière en copropriété est devenue un véritable exercice de conformité. Aujourd’hui, vendre ou acheter une fraction ne se limite plus à une promesse d’achat et à une vérification sommaire des états financiers. L’attestation sur l’état de la copropriété (ASEC), les registres à jour et la conformité à la Loi 16 redéfinissent les attentes des intervenants.

Les notaires, courtiers et assureurs sont désormais beaucoup plus vigilants. Ils cherchent à sécuriser les transactions en obtenant une information complète et structurée : état du fonds de prévoyance, travaux majeurs planifiés, sinistres antérieurs, couverture d’assurance du syndicat, conformité des documents constitutifs. L’ASEC devient ainsi un document central. Elle n’est plus perçue comme une simple formalité, mais comme un outil de gestion du risque.

Cette évolution est saine. Elle protège les acheteurs, clarifie les responsabilités et contribue à la stabilité du marché. Toutefois, sur le terrain, elle expose une réalité moins confortable : de nombreux syndicats ne sont pas prêts.

Les retards dans les transactions sont de plus en plus fréquents. ASEC transmises tardivement, registres incomplets, procès-verbaux manquants, absence d’étude récente du fonds de prévoyance, carnet d’entretien inexistant ou non à jour. Chaque lacune entraîne des questions supplémentaires, des délais, parfois même une renégociation du prix ou un retrait pur et simple de l’acheteur.

Dans ce contexte, la transparence n’est plus optionnelle. Elle devient un facteur déterminant de fluidité transactionnelle. Informer clairement un acheteur sur l’état du fonds de prévoyance, les travaux à venir ou la conformité aux obligations de la Loi 16 n’est pas un aveu de faiblesse. C’est un geste de saine gouvernance. Les syndicats qui jouent cartes sur table réduisent les frictions et renforcent leur crédibilité.

Cette réalité impose une professionnalisation accrue de la préparation des dossiers. Les bonnes pratiques émergent clairement : centralisation des documents dans un registre numérique sécurisé, standardisation des réponses aux demandes des notaires, mise à jour régulière des procès-verbaux, contrôle qualité avant transmission des informations. Des outils numériques permettent aujourd’hui d’assurer la traçabilité et la continuité malgré le roulement des administrateurs.

La transaction en copropriété devient ainsi un révélateur du niveau de maturité d’un syndicat. Ceux qui anticipent les demandes, documentent rigoureusement leurs décisions et structurent leur information transforment un processus potentiellement stressant en démarche fluide et prévisible.

À l’heure où les exigences réglementaires et professionnelles s’intensifient, la meilleure stratégie demeure la préparation. Une copropriété bien organisée ne facilite pas seulement les ventes : elle protège la valeur collective du patrimoine et inspire confiance à tous les intervenants du marché.

Pour aller plus loin

Sources utilisées

Cette chronique s’appuie sur :

  • Le Code civil du Québec, notamment les articles relatifs au registre de la copropriété et aux nouvelles obligations introduites par la Loi 16.
  • Les communications officielles de la Société d’habitation du Québec concernant l’attestation sur l’état de la copropriété.
  • Les lignes directrices et pratiques professionnelles de la Chambre des notaires du Québec et de l’OACIQ en matière de transactions immobilières.
  • Les pratiques observées dans le milieu de la gestion de copropriété au Québec depuis l’entrée en vigueur progressive des nouvelles exigences réglementaires.

 

Guillaume Leblond, Directeur Général

Lafrance et Mathieu
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Guillaume Leblond, Lafrance et Mathieu
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