Date de publication: 11/02/2026
L’assurance titres en copropriété : une protection souvent sous-estimée… surtout lors d’un achat comptant

Lors de l’achat d’une copropriété divise, plusieurs acheteurs croient à tort que le travail du notaire et la remise de documents suffisent à garantir une transaction sans risque, complète et parfaitement sécurisée.
Pourtant, même dans un contexte bien encadré comme celui de la copropriété, certaines irrégularités peuvent subsister et se manifester après la transaction. Des vices de titre, des empiètements ou des charges non publiées peuvent notamment échapper à l’analyse initiale. C’est précisément là que l’assurance titres prend tout son sens.
Qu’est-ce que l’assurance titres ?
L’assurance titres est une assurance de dommages qui protège l’acheteur contre les pertes financières liées à des problèmes de titres de propriété existants avant la date de publication de l’acte, mais découverts après l’achat. Contrairement à une assurance habitation, elle couvre des risques juridiques et administratifs liés au droit de propriété, et non l’état physique du bâtiment.
La police demeure valide tant et aussi longtemps que l’acheteur reste propriétaire de son unité, sans franchise en cas de réclamation.
Pourquoi est-elle particulièrement pertinente en copropriété ?
En copropriété divise, l’acheteur acquiert une partie privative (son unité) ainsi qu’une quote-part des parties communes. Cette structure multiplie les sources de risques potentiels, notamment :
Un avenant spécifique à la copropriété peut être ajouté à la police afin d’adapter les protections à cette réalité particulière.
Deux protections distinctes en cas d’hypothèque
Lorsqu’un acheteur recourt à un prêt hypothécaire pour acquérir son appartement, l’institution financière peut, à sa discrétion, exiger la souscription d’une assurance titres afin de protéger sa garantie.
Dans un tel contexte, deux polices distinctes peuvent être émises dans le cadre du même dossier :
- une police visant la protection de l’acheteur ;
- une police distincte destinée à la protection du prêteur (institution financière).
Assurance titres et achat comptant
En revanche, lors d’un achat comptant, aucune obligation légale ou financière n’impose cette protection. C’est précisément ce qui rend la situation plus risquée.
Un acheteur sans financement hypothécaire n’a aucun filet de sécurité imposé par un prêteur. En cas de problème découvert après la transaction — par exemple une cotisation spéciale antérieure à l’achat, une non-conformité municipale ou un droit revendiqué par un tiers — l’acheteur devra assumer seul les frais juridiques et les pertes financières… à moins d’avoir souscrit une assurance titres.
C’est pourquoi l’assurance titres est fortement recommandée lors d’un achat comptant, particulièrement en copropriété, où certains enjeux peuvent être complexes, techniques et coûteux à corriger.
Ce que couvre l’assurance titres en copropriété
Selon la police et les avenants applicables, l’assurance titres peut notamment couvrir :
- Les arrérages de taxes municipales ou scolaires
- Les frais de copropriété impayés
- Les cotisations spéciales non divulguées
- Les problèmes de titres révélés dans la chaîne de propriété
- La fraude immobilière
- Les empiètements et certaines non-conformités réglementaires
- Les frais juridiques liés à la défense du titre, sans limite de montant
Il est important de rappeler que l’assurance titres ne remplace pas l’examen de titres effectué par le notaire, mais agit comme un complément de protection lorsque des situations non détectables ou non corrigeables surviennent.
Refinancement hypothécaires
Il existe aussi une assurance titre pour les refinancement hypothécaire, cette assurance sera uniquement pour le prêteur hypothécaire et le propriétaire ne va pas en bénéficier a moins d’avoir fait l’achat d’une assurance titre lors de l'acquisition de la propriété.
Une prime unique pour une tranquillité durable
L’assurance titres est payable en une seule prime, généralement modique, au moment de la transaction. Elle n’est pas assujettie à la TPS ni à la TVQ (seule une taxe d’assurance s’applique) et demeure en vigueur tant que l’acheteur est propriétaire.
Dans bien des cas, elle permet également d’éviter des délais de transaction liés à l’absence ou au retard de certains documents, comme un certificat de localisation à jour.
LE SAVIEZ-VOUS?
En tant que copropriétaire qui a terminé de payer son hypothèque, c'est fortement recommandé d'acheter une assurance titre (Police propriétaire existant) pour vous protéger contre la fraude immobilière. Vous avez juste à contacter votre notaire pour en faire l'achat.
En conclusion
Acheter une copropriété, c’est investir dans un milieu de vie collectif régi par des règles juridiques précises. Même avec une transaction bien encadrée, le risque zéro n’existe pas. L’assurance titres constitue une protection stratégique, particulièrement lors d’un achat comptant, où l’acheteur assume seul l’ensemble des risques.
Une discussion avec le notaire avant la transaction permet de déterminer la police et les avenants les mieux adaptés à la situation, un petit coût pour une grande tranquillité d’esprit.
Chronique écrite par Nathalie Audet en collaboration avec Me Michael Khoury, notaire, LL.B., LL.M. Stewart Title
Nathalie Audet, Courtier Immobilier Résidentiel
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